Bon étant donné qu'il faut faire revivre notre Tenshi qu'on aime j'viens poster une petite fic. En fait c'est un défis en 1vs1 sur le thème d'Antisocial de Trust.
Hier, avant hier et le jour d'avant j'ai pris le métro. C'étaient les toutes premières fois que je rentrais dans le métro. Et j'ai compris comment devenir seule et égoiste en 3 leçons.
Avant j'habitais une ville où nous avions un tram, c'etait un joli mini-train remplit de couleur qui se baladait au grand air en plein milieux de la ville. Il serpentait entre les immeubles, au milieux des rues et traversait les places.
J'aime le prendre. Dedans les gens sont aimables, les jeunes se lèvent pour laisser la place aux personnes âgés, les hommes retiennent les portes lorsqu'ils voient des étudiants courrir pour arriver avant que l'engin ne reparte et des mères de famille essaient de retenir les personnes susceptibles de tomber dans les virages du trajet. Et, musique greffée aux oreilles, j'observe et détaille tous ces petits moments de vie que j'aime voir dans le tram.
Mais aujourd'hui j'ai déménagé. J'habite Paris et je ne prend plus le tram mais le métro. Et le métro est un monde horrible. Le premier jour, la première chose qui m'ai stupéfaite c'était l'odeur. Vous entrez dans les tunnels à la façon d'un robot, la démarché sacadée comme si vous deviez aller droit au but pour moins souffrir de l'odeur. L'odeur, l'odeur horrible de milliers de gens qui parcourt ces souterrains; des odeurs de transpiration, de parfum, d'urine, de renfermé et d'autres dont j'aimerais ne pas connaitre la provenance. En tout cas, dès votre entrée dans le métro, vos narines s'emplissent de ces effluves délicates et ne vous lachent plus. C'est la que ça commence, c'est à ce moment la que vous devenez associal et renfermé sur vous même. C'est à ce moment la que vous commencez à vous couper du monde. Tout ce que vous désirez à ce moment la c'est d'être ailleur, dans un champs avec des fleurs à l'odeur divine. Vous commencez deja à ne plus être dans le métro, vous commencez tout juste à ne plus faire attention aux gens qui vous entourent, ces gens desquels refluent cette odeur immonde.
Le deuxième jour c'est le bruit. Vous êtes assis depuis déjà deux arrets, miracle d'avoir trouvé une place dans une voiture aussi bondée, et la un violoniste ou accordéoniste rentre. Se poste juste derriere votre siège et commence sa chanson, instrument au niveau de votre oreille gauche. Le calvaire! Supporter une musique immonde jusqu'a votre terminus? Et biensur juste devant vous un mioche commence à brayer à cause du bruit des notes, sa mère essaye de le consoler gentillement mais rien n'a faire, il hurle de plus en plus fort, on dirait qu'il crache ses poumons. Le bruit devient tellement fort qu'il couvrirait presque le son de la musique. Les parisiens déjà stressés par leur train de vie et l'aspect accueillant du métro commence à s'énerver contre l'enfant. Et la, c'était évident, il en fallait un qui soit un peu.. bourré. Il ne manqué plus que ça, un type ivre qui hurle sur la mère plus fort que ce que crie le gosse. S'en est trop. Vous attraper vos écouteurs et vous les vissez à vos oreilles, musiques à fond, la douce musique pop, rock, r'n'b ou je ne sais quoi d'autre vous isole du bruit environnent. Tout ce que vous voyez c'est un homme ouvrant la bouche comme s'il hurlait mais aucun son n'en sort, tout ce que vous entendez c'est votre musique. Vous n'entendez plus rien, ni le violon ni le gamin qui crie ni même la vieille dame qui vous demande si elle peu prendre votre place assise ou le jeune homme qui vous demande de vous pousser pour sortir. Il n'y a plus que vous, vous seul, vous seul et votre musique.
Dernière leçon, troisième jour et vous avez déjà presque fini votre apprentissage. Vous êtes dans la rame, mains dans les poches, nez bouché, musique à fond. Vous regardez autour de vous, c'est comme tous les jours. Un type lisant son journal, une fille tapant un texto pour son petit ami, une vieille avec son caddie de course, un groupe de skateurs s'amusant a faire tourner leurs planches, un accordéoniste, deux ou trois personne regardant par la fenetre les lampes du tunnel défiler au fur et a mesure de l'avancé du métro et un couple homo dans les bras l'un de l'autre. Le métro prend un virage, vous déséquilibre légèrement, fait glisser une des planches et la vieille dame tombe à genoux. Le caddie penche, lentement, tombe, presque au ralentis déversant l'intégralité de son contenu sur le sol. L'homme léve un sourcil puis masque son visage dernière son journal comme s'il n'avait rien vu. Les skateurs continuent à faire tourner leurs planches, les autres gardent leur regard perdu dans le vague au travers de la fenêtre, le couple ne se lâche plus des yeux et l'accordéoniste, imperturbable, joue toujours.
Et vous? Et bien vous essayez de monter le son un peu plus fort, vous balancez votre tête en arriére pour l'appuyer contre la vitre et vous fermez les yeux.
La vieille arrivera bien à se relever toute seule après tout.
3eme leçon terminée, en l'espace de trois trajets en métro, vous venez d'apprendre à être associal, égoiste et surtout seul.
Aujourd'hui j'ai pris le métro pour la quatrième fois de ma vie. Il était un peu tard, je sortais du ciné, une retroprojection de American History X. Il faisait deja nuit et il n'y avait pratiquement plus personne.
Un couple en train de s'embrasser, un trio d'amis un peu éméchés et un étudiant que je pensais avoir croisé à la fac. J'étais là, tête contre la vitre a me demander ce que j'allais manger en rentrant. Et puis les trois mousquetaires au nez rouge, complétement imbibés d'alcool s'approchent et commence à me draguer. Je les repousse mais ils n'ont pas du boire qu'un verre ce soir. Comment me débarrasser de ces sangsues? Ils commencent a me courir avec leurs mains baladeuses! Je cherche quelqu'un du regard. Le couple s'embrasse toujours. Le plus petits des hommes m'attrape par les poignets. Et l'étudiant? Il me regarde, impassible puis tourne son visage vers l'un des sièges comme si l'être le plus fascinant au monde venait d'y apparaitre. Mince, je fais quoi maintenant? Bordel mais qu'il me lache l'autre porc avec sa main sous ma jupe!
Aujourd'hui j'ai pris le métro, pour la dernière fois. Je suis là, en train de dormir, tranquille, un drap fin recouvrant ma peau, allongé sur une table froide à me demander ce que j'aurais bien pu manger ce soir si cela c'était passé autrement.
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